L'amour guérit les blessures.
Sur la terre brûlée d'un amour piétiné, sali, traîné dans la fange la plus sombre, le coeur ouvert aux quatre vents j'ai laissé l'univers entrer, agir. J'ai laissé la Vie m'agir au plus profond.
Elle a doucement regroupé mes os éparpillés, elle a reformé mon squelette disloqué, lentement patiemment tendrement elle fait repousser une chair nouvelle...elle prend son temps, elle m'attend, elle me donne le temps nécessaire... Peu à peu je suis. Je réapprends la lumière.

Fragile comme un papillon en hiver.
La douleur fait aussi partie de la vie. En venant en ce monde nous avons accepté d'en recevoir tous les aspects.
Ombre et lumière, enfer et paradis, horreur et merveille.
Dans ce monde à deux faces, nous ne pouvons faire expérience de l'un sans avoir traversé l'autre. Dualité oblige.
J'ai tourné mon âme vers le ciel, laissé le vent essuyer mon visage, l'air s'est fait souffle doux , il a séché mes larmes, bercée, enveloppée de compassion J'ai su qu'à le laisser faire sans crainte de vivre ce que la vie m'offrait à vivre aussi douloureux cela soit-il, mon coeur ouvert, labouré comme terre pouvait rester fertile, j'ai su que l'aube renaîtrait.
Le vent m'a fait promesse de réensemencer de joie ma terre mise à nu. Je l'ai cru, je lui laisse la main.
Demain viendra.
Plus beau. Plus grand. Plus fort. Parce que la Vie ne peut être qu'extension.
Les papillons noirs.
Mai Phan Van. Les papillons noirs. Huile sur toile