Ce que le vent murmure

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Entries pour Mot-clé "paix"

Fil des billets - Fil des commentaires

Dans l'antre des terreurs contenues,

mercredi 18 juin 2014, par Maï Phan-van

Dans le lit des peurs ordinaires, dans l'antre des hontes et des trouilles quelles engendrent, dans les niches où se construisent les armures de convenances, derrière les murs vernis de sourires affichés et tant de fois repeints de mensonges rafistolés, les graines de vérités sont des bombes, les gestes tranquilles et généreux d'honnêteté sont des grenades dégoupillées, l'amour, la franchise et la sincérité sont des mines anti-personnel.
D'avoir quitté très tôt le nid des conventions sous lequel grouillaient tant de vampires malsains, d'avoir été ostracisée par son groupe familial, exclue et mise à l'index, Milla sans le vouloir, sans le savoir, s'était donné des ailes. La fonction crée l'organe.
Elle avait laissé le désir fou de liberté de justice et de paix jaillir du plus profond d'elle-même, tendu un soir de détresse noire, vers le ciel étoilé ses deux bras timides pour s'envoler, vivre, elle voulait juste vivre, ...deux ailes lui étaient venues. Deux ailes diaphanes, immenses et puissantes, d'une force insoupçonnée. Elle avait quitté la tanière des désespoirs cachés.
Elle était entrée dans la vie.
Comme un ange.

Longtemps après, elle rajouta deux ailes à son nom.

Parce que ça n'est pas rien deux ailes.
Parce que cela s'honore deux ailes.

Parce qu'elle voulait qu'on se souvienne, un jour lorsqu'elle ne serait plus qu' un visage dans un album jauni et un nom sur une pierre... un nom, son nom, avec deux ailes.

du chagrin et de la pitié

mardi 19 novembre 2013, par Maï Phan-van

« Il est des prophètes du néant hasardeux qui se plantent devant nos passions et nos espérances, et se pourlèchent de nous disséquer le coeur, de nous trancher les ailes avec leurs ricanements superbes et leurs phrases tranchantes comme des bistouris. (…) Et l’on nous insinue l’orgueilleuse désespérance à la mode, le mépris hautain de toute naïveté, de toute ingénuité, vrais péchés capitaux. Manque l’amour, nom de dieu, sans lequel rien ne vaut ! »

(Henri Gougaud, chronique TV 1980)

Prophètes du néant hargneux, des aigreurs médiocres, artisans des petites haines ordinaires. Sous les sourires mièvres et convenus des politesses bourgeoises, sous le polissage d'un éducation prétendue bonne, il est des artisans de la discorde, des conflits, des ruptures, de la colère, de la frustration. Travailleurs de l'ombre, oscillant entre séduction et rejet, manipulateurs usant de médisance, de manigances et de fausse sollicitude, on les démasque à ce qu'ils sèment sur leur passage la peur, la tristesse, la rancune, le dégoût, le chagrin, l'agressivité et la violence.
Léon et Denise, hélas sont de cette confrérie là, des semeurs de zizanie, rendus habiles de remettre sans cesse la main sur leur ouvrage. L'expérience à la longue se mue en habitude.
Nul n'est à l'abri du risque de leur vindicte. Rien n'est plus instable que la séduction. Denise use d'appats souvent grossiers pour acheter parfois cher son pouvoir, mais ses cadeaux laissent au coeur une poisse qui ne s'efface pas. Et lorsque le vent tourne, il vous emporte alors à sa suite. On est toujours fragile de s'être laissé acheter. On n'en ressort jamais indemne. Quelque chose de notre intégrité profonde en gardera toujours mémoire.

Il est des artisans de paix qui faisant fi des ricanements hautains, des scalpels de la médisance, du mépris de l'ingénuité, plongent inlassablement leur âme au ruisseau de la tendresse, de la douceur, de la générosité. L'amour y régénère leurs espérances et nourrit leurs passions.
à l'école des fines épines du néant, des petites coupures des indifférences ordinaires, entre les chagrins arides des dressages de l'enfance, l'élagage brutal des rameaux du rêve et l'excision des gourmands de liberté, j'ai appris à chercher le secret des sourciers.
Toute plante assoiffée cherche l'eau. Et l'eau vient à ceux qui la désirent de toute leur âme.
Par les chemins de la terre, des fleurs et des cailloux, par le chant des oiseaux, des rameaux frémissants, et des bruissements d'herbes, par la caresse du vent, du sable et des nuages, elle est parole au coeur innocent qui l'attend, l'espère et l'invoque. Pour ce coeur là, elle est baiser, tendresse, enlacement. Elle est consolation, douceur et chant du monde. Elle est révélation des infinis possibles.
La brindille de coudrier se donne à la main qui l'attend, innocente et fragile, elle s'abandonne sans retenue aux doigts sensibles qui la désirent et la reçoivent émerveillés.
Alors naît la source de la main du sourcier.
à cette source là, toujours, quoiqu'il advienne, il pourra laver ses larmes et son chagrin.
à cette eau là, toujours, désormais il saura confier ses lèvres desséchées et son âme affamée.
Ah, la magie de cette eau là ! Mystère de la vie. Elle donne des ailes au vent qui passe sur le dos des collines. Elle invente la chaleur au soleil qui dore les blés. Elle fait sourire les fleurs et s'y poser des papillons. Elle tisse son velours à la nuit qui brode les étoiles. Elle charge de force les orages et fait gronder les tempêtes. Elle poudre de duvet blanc et corsette de givre les hivers mystérieux. Elle emplit de poésie les rêves des enfants. Elle ensemence d'espérance et de dons infinis les âmes simples qui la goûtent.
Du chagrin et de la pitié elle tisse inlassablement un manteau de poésie qui vêtira, sans faillir, ma douleur de compassion.
Et naîtront sur ma toile mille couleurs du temps, et sous mon pinceau le rire des oiseaux chantant. Et les mots, sous mes doigts qui jouent des lettres seront des colliers de princesse, et ils diront le monde infini et sa sagesse immuable.
Et l'eau de ma source m'invitera, aimante et tendre, regarde, dira-t-elle, penche toi doucement, vois mon visage qui te sourit, regarde le, aime le, soigne le, vois-tu, car ce visage, c'est le tien.