Ce que le vent murmure

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Entries pour Mot-clé "oser"

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L'expérience

jeudi 11 septembre 2014, par Maï Phan-van


L'expérience ce n'est pas l'évènement lui-même, la situation où nous nous trouvons, la chose que nous voyons, c'est uniquement ce que nous en faisons.
Du rêve, de l'amour, de la joie, un poème, un tableau, de la confiture, un gâteau, de l'agacement, de la colère, du désespoir, le commencement la poursuite ou la fin d'une histoire....
Faites de ce qui vous advient quelque chose.
Osez recevoir ce qui s'offre.
Dites oui à la vie.
Ne soyez pas mesquin, pingre et timoré, prenez à bras ouvert la vie qui se donne, prenez tout, ne triez pas, ne méprisez rien...et faites en quelque chose, n'ayez pas peur. Faites fi des jugements, des critiques, des doutes et des empêchements de tous genres.
Osez. faites le. Vous pouvez le faire. N'attendez pas. Vivre commence aujourd'hui, là, maintenant.
Une action de grâce, un silence, une prière, un chant ou un cri...peu importe, soyez vivant, manifestez la vie.
Ce que vous donnerez à la vie, elle vous le rendra au centuple.
Regardez le fenouil du jardin, né d'une minuscule graine plantée en terre. Ainsi va la vie.
fenouil

Fille de...épouse de...mère de....

mardi 3 décembre 2013, par Maï Phan-van

Fille de....épouse de....mère de.....les trois côtés du triangle qui constitue l'existence entière de Denise.
Un totem à trois faces planté comme un trophé de guerre, au centre duquel elle pivote selon les circonstances, prêtant son visage, ses mimiques et sa voix à l'orifice du rôle qu'elle imagine peint sur la paroie que jamais elle ne voit. Car pour le voir, il eut fallut qu'un jour, une fois, un instant, elle quitta sa guérite, qu'elle osa se risquer à la place de l'autre, qu'elle accepta d'emprunter un regard qui ne fût pas sien, quelle le laissa dessiner l'inattendu et déposer en elle quelque émotion étrange, nouvelle et inédite.
Il eut fallu qu'elle osa frissonner, grelotter, pleurer, vibrer, s'émouvoir. Il eut fallu qu'elle osa baisser la garde pour laisser la vie faire d'elle un être de chair frémissante.
Elle y vit trop le danger, elle y décela trop l'imprévisible. Elle y traqua la perdition, elle y démasqua les écueils.
Elle s'en défendit âprement, s'agrippa à ses acquis, s'arrima à ses convictions. Elle érigea autour d'elle des remparts de convenances, de protocoles et de règles, elle referma ses poings durablement. Elle fit de sa vie une forteresse hérissée de principes, de l'amour un devoir à sens unique, de la tendresse une faiblesse, de la gentillesse une bêtise, de l'attention à l'autre une tare, du partage une malédiction.
Elle se pensait à l'abri d'un inviolable donjon, perché sur les hauteurs du monde, dont elle pouvait sans crainte observer convulsions et soubresauts d'un oeil hautain par les échauguettes, ou d'un regard distrait par les étroites meurtrières.
C'était défier le temps.
Chronos, cet invincible ennemi, errodeur impitoyable de nos digues secrètes et de nos arrogants barrages, le temps, irrémédiable rongeur de clôtures, déblayeur de barricades, le temps, dépêché par les forces de vie, le temps fit de la tour de guet une modeste guitoune de foire, une misère de planches usées ne tenant plus la peinture dont même un chien errant aurait boudé l'asile.
En son grand-âge, opiniâtre, obstinée, aveugle et sourde aux invites de la vie, Denise en faisait plus que jamais son bunker. Elle était devenue elle-même cette baraque à trois pans.

oser vivre

jeudi 13 juin 2013, par Maï Phan-van

En rangeant mes papiers je retrouve une citation de Goethe, précieusement gardée. Trop précieusement du reste, car au lieu d'être enfermée dans un classeur, elle devrait être affichée sur le mur le plus en vue de ma maison, comme elle devrait l'être dans toutes les écoles et les maisons, tous les lieux de culture et de rencontre.

Il existe une vérité première dont l'ignorance a détruit d'innombrables idées et de superbes projets : au moment où l'on s'engage totalement, la providence éclaire notre chemin. Une quantité d'éléments sur lesquels l'on ne pourrait jamais compter par ailleurs, contribue à aider l'individu. La décision engendre un torrent d'évènements et l'individu peut alors bénéficier d'un nombre de faits imprévisibles, de rencontres et du soutien matériel que nul n'oserait jamais espérer. Quelque soit la chose que vous pouvez faire, ou que vous rêvez de faire, faites-la. L'audace a du génie, de la puissance et de la magie. Commencez dès maintenant!"

Oui, on ne peut que témoigner de l'expérience du pas de la foi, dès que l'on ose le déséquilibre, à peine a-t-on posé la pointe de notre pied dans le vide, qu'un pont se tend sous notre pas...
L'univers tout entier s'accorde à notre choix, que nous nous engagions, il s'engage à nos côtés.
C'est vrai, c'est réel, c'est le fruit de l'expérience. Pourquoi alors restons nous si peureux, si timorés, si frileux...

L'univers ne monnaye pas son soutien, il l'offre généreusement et abondamment. Vous remarquerez que les audacieux qui osent se lancer vers l'inconnu sont aussi des êtres généreux.
Tout est échange, on ne peut recevoir qu'à la mesure de ce que l'on donne. Il en va pour la confiance en la vie, la joie, la réussite et le bonheur comme pour le reste, si nous radinons nous serons toujours pauvres, tristes, déçus et seuls.

Plus nous nous agrippons à nos petits avantages, plus nous serrons les poings sur les quelques grains que nous désespérons de retenir, plus nous nous appauvrissons, plus nous nous asphyxions.
En ces temps de changements il est bon de se rafraîchir l'esprit loin des menaçants discours des prophètes de malheur qui marchandisent espoir et assurances "tout risques".
C'est une question de respiration, d'expir et d'inspir, l'un ne peut être sans l'autre. Dommage que tant de gens aient si peur d'expirer, pour vivre il faut mourir un peu, à chaque instant...ça n'est que cela oser vivre.