Ce que le vent murmure

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Entries pour Mot-clé "mémoire"

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Adoption

samedi 25 juillet 2015, par Maï Phan-van

Mes Ombelles à l'aube ont été adoptées depuis presque un mois déjà.
Primées par la Société des Pastellistes de France, elles étaient exposées à Feytiat (Limoges). Elles n'y seront pas restées longtemps, adoptées dès le dédut du salon elles sont parties près de Lyon.

ombelles pastel7-9-14
Puissent-elles faire rêver encore et encore, apporter autant de douceur au coeur que j'en ai eu à leur prêter mes mains pour leur donner vie sur le papier.

C'est toute une série de petits croquis au pastel sec qui s'est ainsi envolée dans le ciel chauffé à blanc par la canicule. Du Quercy blanc (expo "Un été à montcuq") vers de nouveaux horizons que j'ignore. Heureuse que mes petits coups d'oeil aux fleurs des pauvres, mes petits amours des bords de chemins, chicorées sauvages, pâquerettes, coquelicots, carottes sauvages et herbes folles , aillent ainsi trôner sur les murs des salons citadins...
En chacun de nous demeurent enracinés en nos gènes la mémoire des petits sentiers de campagne, l'enchantement des papillons, la magie des vers luisants, le parfum de l'herbe et du chèvrefeuille, le chant des grenouilles au bord des mares...
Belle et douce résurrection. La vie dans toute sa splendeur nous bouleversera toujours profondément quand les concepts alambiqués s'épuisent dans des discours compliqués à substituer la pensée aux émotions.
pastel_mini__bouton_chicoree.png

Une autre série sera exposée à la maison de retraite "Les floralies" Prayssac (Lot) dès la semaine prochaine et jusqu'à la fin de l'été.
Pour enchanter les résidents dont certains ont perdu le goût, la capacité ou la force de sortir, j'ai mêlé paysages et études, et quelques chemins vers la lumière comme un appel rassurant à cheminer vers l'infini.
etang coucher de soleil

paysage_porte_vers_l_infini_1.png

paysage_reflets_sur_l_etahg.png

J'avance

samedi 20 juin 2015, par Maï Phan-van

Parturiente. J'accouche. Mes mains gluantes de gesso, de gel, de liant acrylique, les pigments rouges séchés sous les ongles...je retrouve dans la trop forte chaleur de l'atelier, la sensation fébrile à jamais gravée en mon corps des mains saisissant par instinct les petits êtres chauds vivants et fragiles glissant entre mes cuisses mouillées d'eau et de sang.
Aujourd'hui mes mains glissent dans la pâte tiède, elles ont un incommensurable besoin de retrouver le gluant chaud et doux de la naissance.
Ma mémoire est en branle.
Tout s'ébranle.

Un immense chantier, de vie, de coeur, de pensées, d'âme , d'être, bouleverse tous mes repères. Le gluant tiède de la peinture m'apaise. Il me protège, il me fait mère d'une autre moi. Il me fait vivante. Eternelle. Il est raison d'être.

J'ai laissé le sang. Aujourdh'ui je me berce d'indigo. Je me gorge du violet et de l'indigo des sauges de la prairie .Il y a du rouge dans l'indigo...
sauges pour prairial

Je l'appelle "Prairial' en souvenir de mes premiers émois artistiques, les ombelles de Dom Robert à Encalcat, ombelles de laine délicatement tissées dans la toile. Le champ de l'infini à jamais brodé dans ma mémoire.