Il y a des jours de lassitude, des instants gris, sombres comme des crépuscules, que ni les parfums du vent du sud, ni la course des hirondelles, ni le rouge des coquelicots ne peuvent éclairer.
Rien, même la confiture de fraise que je m'applique à concocter soigneusement. Les cagettes de fruits frais sur la table, le sucre et le gélifiant, la marmite bouillonnant doucement, l'écume rose parfumée, le mélange versé méticuleusement dans les pots de verre à facette, la louche et la cuillère bien léchées, lavées, essuyées, rangées.
Faire avec application, concentration et toute la présence dont on est capable, ne distrait pas toujours l'esprit le corps et l'âme.
C'est dans ces failles sombres qu'on a besoin de miracles.
Help! Vite esprit du vent, force de vie, chaleur de soleil, énergie des étoiles, bleu du ciel, fleurs des champs, oiseaux, univers, Dieu, Esprit Saint, pendant que sur la table pètent un à un les couvercles bien fermés des pots de confiture en train de se stériliser, vite faites un petit miracle. un je ne sais quoi, je ne sais qui, je ne sais comment, qui viendrait comme un souffle clair alléger le coeur fatigué, combler le vide soudain, tendre un pont sous les pas chancelants.
Il y a des jours où l'on demande des miracles, des instants où l'on se tient prêt pour une greffe cardiaque cérébrale mentale et énergétique, une transplantation...mais que fait donc le Bon Dieu?
A quoi donc est occupé son saint Esprit vagabond pour tarder ainsi à se montrer utile?
De quelle blessure secrète provient ma lente lassitude? De quelle source enfouie s'écoule ce filet d'ombre triste?
De quelle profondeur suinte ce petit poison amer?
Quels mots ai-je laissé entrer en mon âme, quel regard y ai-je laissé creuser des ornières?

Petite révision utile:
Nous sommes tous enfants de Dieu, nous avons le droit d'être qui nous sommes, comme nous sommes. Nul ne peut nous juger, nous évaluer, nous critiquer.
Se rappeler toujours que l'autre ne parle que de lui-même.
Ce que l'autre voit en nous n'est jamais qu'un reflet de ce qu'il ne peut pas voir en lui, ce qu'il critique c'est ce qu'il se cache à lui même.
Nous ne sommes pas obligés de prendre les "cadeaux" empoisonnés que l'on nous fait.
Si j'en ai pris un ou deux ou trois par mégarde, ou plus quelle horreur, je ne suis pas obligée de les garder.
Ainsi se stérilisent mes pots de confiture. Ils pètent. Joyeusement. Evacuant l'air en trop.
Ainsi sont les mots qui empoisonnent nos coeurs, de l'air, ils ne sont que de l'air en trop, du bruit, du bruit inutile et vain. Du bruit qu'il est malsain de garder et auquel il ne faut pas accorder crédit.
Je les chasse ces pets, je les expulse, que le vent les emporte, et que l'Esprit comme un couvercle scellé me garde à l'abri des moisissures d'autrui.