Il y a un temps pour le silence, un temps pour les images et un temps pour les mots.
Il y a un temps pour les tisser ensemble. De même que la lumière ne peut se passer d'ombre pour se donner à voir, le vide ne peut se passer des images, ni le silence des mots.
Un temps pour les laisser s'entremeler à leur guise, laisser l'intelligence de ce qui fait la vie nous toucher tout entier et puiser on ne sait où des images et des sons pour les mêler au silence dans une danse neuve.
Me revient en mémoire un conte de Jacques Salomé. Le chemin des mots. Mots cueillis comme des cailloux blancs, dont le chapelet donnera à la main qui les a ramassés la jolie devise : "Ose ta vie, personne ne la vivra pour toi"
C'est le mystère des images et des mots. Ils ne sont là que pour donner à percevoir l'insaisissable. Que saurait-on du silence sans la musique des mots, que saurait-on de l'infini sans la peau qui le révèle, sans la forme et la couleur des images.
Que saurait-on de la lumière sans l'ombre qui la révèle.
Ce qui importe est là. Dans l'invisible, l'impalpable. L'indéfinssable.
L'épice subtile de la vie .

" Ce n'est pas la rigueur qui te conduira où tu veux aller, ce n'est pas l'ascèse, ni la souffrance, ni ce que tu crois avoir compris. C'est l'épice. Le parfum de la force aimante (...) . Le sentir seul peut approcher l'épice. Sers-toi de tes yeux, de tes oreilles, de ton goût, de ton odorat, de tes mains. Respire, respire, et laisse-la entrer. "

(Henri Gougaud, Les sept plumes de l'aigle)