Ce que le vent murmure

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Entries pour Mot-clé "Lumière"

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Métaphore...

mardi 14 juillet 2015, par Maï Phan-van

Mon atelier se meuble de neuf avec ces grands carrés qui viennent rhabiller les murs.
l'atelier rhabillé
Je regarde mes enfants nouveaux nés...
D'où viennent ces images, existaient-elles quelque part dans l'invisible avant que je ne les capte et leur serve de pont vers le monde visible?
Sont-elles la mise en forme figée par le pinceau de mon chemin intérieur? J'ai si souvent fait dessiner les enfants pour les aider à se comprendre, tant essayé de soulager peines et conflits avec crayons, encres, gouache et collages...

Couches superposées ou effacées, voiles et glacis, rideaux de brume comme une métaphore des processus qui façonnent notre identité.Ce que nous percevons du monde et ce que nous n'en voyons pas. Ce qui demeure en nous et ce qui nous échappe. Conscient et inconscient.
Que dis-je de moi dans ce travail là. Je pose des couches, je lave, j'efface, je recommence, je gratte, je griffe, j'arrache, je recouvre...je ne "sais" pas ce que je fais, je ne pense pas, je laisse agir mes mains , mon corps. Il va vers où il veut aller, lui seul sait le chemin... Le corps physique et ses marottes, la part visible, image de nos évitemments volontaires et involontaires. Attitudes qui façonnent notre être au monde et notre regard sur lui.
Voiler et dévoiler, cacher et montrer, obturer pour donner à voir, mettre en lumière pour dissimuler...n'est-ce pas ce qui se fait là dans ce labeur que mes mains inventent.

Je me suis déjà fait cette réflexion en travaillant la laque. On ne peut rien dissimuler dans le travail de la laque. Ou si mal. En ponçant la quinzième couche de laque voilà que soudain réapparaît la mémoire du pigment de la première, l'impatience de la préparation du support, le geste maladroit qu'on avait éffacé... Ce qu'il en reste, digéré et transformé par tout le travail des superpositions des couches, des ponçages répétés. Tout s'y lit, les erreurs, les impatiences, les trops et les pas assez, l'application, la patience...C'est bien un travail de psychanalyste ce ponçage patient des couches accumulées au fil du temps, avec un abrasif de plus en plus subtil...
Et la merveille parfois de voir soudain apparaître l'inattendu. Le miracle de l'invisible devenant visible.

Un clin d'oeil de l'absolu...

Mes toiles, mes enfants images, êtres vivants m'appelant sans cesse à revenir à l'ouvrage.

Le chemin des mots

samedi 14 février 2015, par Maï Phan-van

Il y a un temps pour le silence, un temps pour les images et un temps pour les mots.
Il y a un temps pour les tisser ensemble. De même que la lumière ne peut se passer d'ombre pour se donner à voir, le vide ne peut se passer des images, ni le silence des mots.
Un temps pour les laisser s'entremeler à leur guise, laisser l'intelligence de ce qui fait la vie nous toucher tout entier et puiser on ne sait où des images et des sons pour les mêler au silence dans une danse neuve.
Me revient en mémoire un conte de Jacques Salomé. Le chemin des mots. Mots cueillis comme des cailloux blancs, dont le chapelet donnera à la main qui les a ramassés la jolie devise : "Ose ta vie, personne ne la vivra pour toi"
C'est le mystère des images et des mots. Ils ne sont là que pour donner à percevoir l'insaisissable. Que saurait-on du silence sans la musique des mots, que saurait-on de l'infini sans la peau qui le révèle, sans la forme et la couleur des images.
Que saurait-on de la lumière sans l'ombre qui la révèle.
Ce qui importe est là. Dans l'invisible, l'impalpable. L'indéfinssable.
L'épice subtile de la vie .

" Ce n'est pas la rigueur qui te conduira où tu veux aller, ce n'est pas l'ascèse, ni la souffrance, ni ce que tu crois avoir compris. C'est l'épice. Le parfum de la force aimante (...) . Le sentir seul peut approcher l'épice. Sers-toi de tes yeux, de tes oreilles, de ton goût, de ton odorat, de tes mains. Respire, respire, et laisse-la entrer. "

(Henri Gougaud, Les sept plumes de l'aigle)