Les cigales se taisent. Une à une elles s'éteignent. De l'incessant concert joyeux on guette maintenant les éphémères cymbales. Sans leur chant, l'air tiède des après-midi est étrangement silencieux. Au jardin potager l'oïdium dévore courges et courgettes, au milieu de feuilles poudrées de blanc toutes ratatinées et flétries, émergent quelques dodus potimarrons. Le mildiou est en passe d'avoir raison des derniers pieds de tomates cerises. J'ai rendu les armes, abandonné purin d'orties, de prêle, de gourmands de tomates et de fougère des bois, lassée, je laisse guerroyer seule la nature.
Quelques pieds d'alouettes fleurissent, semés par le vent dans d'improbables recoins, mais ce sont les innombrables ombelles des carottes sauvages qui éclairent toujours les champs derrière la maison et les talus entre les vignes.
Couleurs de fin d'été. Jours plus courts et matins frais. Paille et herbe sèche. Et des grillons encore tandis que se regroupent déjà les hirondelles.

ombelle aout 1