Ce que le vent murmure

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Entries pour Mot-clé "âme"

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Princesse, ...

vendredi 30 août 2013, par Maï Phan-van

Voilà que l'on me donne du galon, de l'étiquette, du titre, un label, et pas le moindre puisque me voici officialisée par voie de presse Princesse vietnamienne...

à mon insu. Désarroi.

Que dire à ces aficionados du qualificatif et des titres, emplis de bonnes intentions et débordants de gentillesse, du ridicule d'un étiquetage réducteur ?

Qu'en France depuis 1789, on reconnait l'égalité et la "mêmeté" de tous? Qu'au Vietnam depuis 1975 il y a le communisme?

C'est étrange en 2013 cet attrait persistant pour la particule, les titres et distinctions sociales. Le titre ne fait pas rêver que les petites filles, comtesse, duchesse, baronne, archiduchesse,.. Même si l'on joue à fourche langue en s'interrogeant sur l'état des chaussettes de la damoiselle, sont-elles sèches archi sèches?, et même si l'album de la comtesse nous régale depuis Yvan Audouard des contrepèteries les plus osées ?

Ah ce besoin compulsif de s'enorgueillir, de se valoriser, directement ou par relation interposée .Ah! cette tentation d'appâter les curieux.

Nous ne sommes pourtant que nous même, humbles humains de passage.

Combien s'identifient sans le savoir à de dérisoires signes auxquels ils attribuent les vertus magiques de la gloire, de l'honneur,de la fierté, que sais-je d'autre... leur confiant aveuglément le pouvoir de rendre heureux qui les possède.

A six ans je croyais être ma chevelure, j'ai souffert en entrant au CP lorsque ma mère l'a ratiboisée par flemme de se lever pour la natter. J'ai vu que j'étais toujours là.

A 18 ans j'ai cru être mon 18 au bac de Français, puis l'année suivante ma mention au bac C.

A 20 ans je pensais être mes dessins.

Puis j'ai cru être, dans le désordre, mes enfants, ma maison, mon métier de psychologue, mes diplômes...

Dans le centre médico psycho pédagogique où je travaillais, un vieux psychologue marqua pompeusement sur sa carte : Monsieur machin, psychologue hors classe. Il en fut tout gonflé de suffisance. Et le plus admirable fût que malgré son incompétence notoire sa côte s'en trouva regonflée. Fallait-il qu'il ait une belle blessure narcissique à guérir pour s'identifier ainsi à l'échelon de la grille indiciaire de salaire qui plus que son talent soulignait son âge avancé et la proximité de sa retraite.

Je lui dois d'avoir contribué par le ridicule à me démontrer que quelle que soit l'étiquette que l'on s'accroche au collet on n'est jamais que soi même.

Nu malgré les habits neufs convoités dont nous croyons qu'ils font de nous le plus beau des empereurs. De grâce, ne m'étiquetez pas.

Princesse, aux pieds nus, paysanne, du dimanche, écriveuse, raconteuse, faiseuse d'images, ...rien je ne suis rien de cela, je ne suis comme vous qu'une âme de passage essayant de vivre le moins sottement possible.

En naissant j'ai reçu un prénom Maï et un nom Phan Van, ils me suffisent, ils me conviennent. Si je m'en contente, avec bonheur, contentez vous en aussi, alors peut -être vous raconterai-je d'autres histoires.

les ombelles

mercredi 10 juillet 2013, par Maï Phan-van

J'ai toujours eu un faible pour ces fleurs aériennes, des plus petites aux plus grandes. j'ai toujours aimé les peindre, les dessiner, les cueillir pour en faire des bouquets éphémères. Plus les années passent plus je les découvre toujours différentes, avec la même fascination, plus elles m'étonnent par leurs infinies variétés, plus elles m'enchantent et m'émerveillent. Je tente d' en saisir l'âme, d'en capturer un instant d'éclat, d'en retenir fixé sur la toile l'émoi , le parfum, la grâce , ce quelque chose d'indéfinissable qui toujours m'aimante, me trouble et m'échappe. Et chaque fois c'est la même aventure, le même combat avec toile papier crayon pastels pinceaux.... Une approche, juste une approche.... J'apprends la patience et l'humilité.

Une de mes dernières nées a gagné le premier prix du concours technique à l'eau organisé par le journal "Pratique des arts" à l'occasion de la biennale internationale de Brioude. Peut-être bien qu'un peu de l'âme de mes belles ombelles cueillies au bord des fossés s'est glissée malgré tout sur la toile. Après tout le peintre n'est et ne sera jamais qu'un humble passeur d'émotion. Il ne peut jamais juger de la qualité de son oeuvre, tout juste peut-il estimer la nature de son investissement personnel. Alors c'est peut-être bien un reflet de mon âme qui joue dans ces douces ombelles...


ombelles