les dernières sauges dans le pré
Se mettre à hauteur d'herbe. Voir le monde autrement. Tout simplement.
Cesser de vouloir tout voir de haut, du dessus.
Reich parlait de posture.
Combien dans ma vie d'avant j'ai regardé les corps physiques, leur posture physique, pour mieux comprendre la posture psychique...L'une est image de l'autre. L'un se modèle à l'image de l'autre. Travailler sur l'un modifie doucement l'autre.

Je ne suis plus bonne en ce moment de grand chambardement qu'à regarder le monde à hauteur d'herbe. Modestement. A hauteur de fourmi. Toute arrogance balayée. Toute prétention à être autre que je ne suis, envolée.

Dans l'épaisseur du gesso étalé largement à grand coup de spatule pour préparer mon fond, se sont tracées des herbes hautes, balayées par le vent. Les dernières sauges du pré se sont glissées par là, elles attendaient mon pinceau. Il y a un mois à peine, dans la prairie dehors elles servaient d'écrin aux orchidées sauvages du Quercy. ma mémoire en est témoin