Et le vent dans le ciel charriait des nuages gris et des noirs, lourds comme d'immenses cargos. Et l'eau dans ces bateaux énormes voyageait, sans escale, direction nord est.

Il arrivait qu'un nuage trop chargé soudain crève et s'écrase. Déraisonnable averse,grêle, pluie, désespérant déluge... Et continue sa route effiloché de brume et de flots lunatiques.

On les voyait passer, pressés, fiévreux et irritables, si nombreux si tassés si denses, que l'infini s'était enfui emportant le soleil loin de cet affairisme d'usine crachant ses fumées d'encre.

Alors l'oiseau chanta, du bout du bec d'abord, petitement puis de son corps menu allègrement et de toutes ses plumes à gosier déployé joyeusement.

Et son chant dans chaque goutte d'eau a glissé sa note claire, pépite de joie

Chante l'oiseau, pour le plaisir de chanter, chante pour l'herbe mouillée qui s'ébroue, pour les ruisseaux qui coulent dans les champs et les rues, chante pour le ciel qui se voit sur la terre

Au rendez-vous des nuages, à l'est de l'est résonne le chant du moineau. Dans les bras de l'infini, le soleil sourit.