"Et moi qui voudrais vous dire, avec des mots, cette expérience que j'ai de la simplicité du réel, je la diminue moi aussi. La voici toute petite entre mes mains. Pourtant elle n'est ni petite ni confuse: c'est sur elle que je vis. C'est elle que je respire. C'est de me la rappeler, cette expérience, aussi souvent que je le peux, que je prends le courage d'exister. Mon courage, n'est pas à moi, il est dans la vie. A moi de l'accepter ou de le refuser c'est tout. Ainsi du courage. Mais ainsi, de même, du bonheur et de la connaissance. Et au bout du compte, de la vie elle même. Tout ce qui fait accepter la vie est bon. Tout ce qui nous fait la refuser est médiocre et provisoire." Jacques Lusseyran (Le monde commence aujourd'hui ) http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacque...

Nos pensées aussi pré-existent. Elles ne font comme l'air du temps que nous traverser. Ainsi ce que j'écris n'est-il que le vêtement qui rend visible celles que j'attrape, celles que je désire garder, m'attacher. Seul l'ego dans son énorme complexe à exister, à se hisser au dehors, en revendique la propriété.

Idées et pensées circulent, nous les aimantons, les attirons vers nous en fonction de la polarité que nous choisissons. Idées , expériences, évènements. Tout est là présent , de toute éternité. C'est à nous de choisir qui nous désirons être, à nous de construire la plus belle version de nous-même que nous puissions imaginer. Et c'est la seule chose qui compte.

"Avant je contais pour changer le monde, maintenant je conte pour que le monde ne me change pas.", réponds à l'enfant qui l'interroge le vieux conteur juif de Prague qui s'obstine à conter alors qu'il n'a plus d'auditoire.

J'écris pour que le monde ne me change pas. Pour que demeure vivante la poésie et la tendresse de l'enfance. Je peins pour que le monde n'altère pas ma vision, pour que croisse mon jardin intérieur. C'est ma tâche la plus utile et la plus nécessaire. Elle me rend responsable de l'usage des mots, de ceux que je choisis, de l'assemblage que j'en fais. Elle me rend comptable des formes que je pose sur ma toile, de l'intention que j'y glisse.

C'est cela vivre. Etre vivant. Se garder vivant, se garder en vie. C'est cela faire pleinement l'expérience de vivre.