La lune pleine irradiait hier le jardin de lumière blanche, me tenant éveillée, l'oreille aux aguets des menus bruits nocturnes. Longue veille attentive, patiente et curieuse comme au temps de l'enfance.

Sentir la nuit la humer la renifler la goûter. Se faire tout petit, tout écoute, tout accueil. Très humblement la recevoir et se laisser prendre la main. Alors voler avec elle dans son manteau de soie.

Oiseaux de nuit,battements d'ailes, petits pas, frottements, frôlements, gémissements, profonds souffles étranges, caresses et murmures du vent, Halètements. Parfois un cri strident qui longuement résonne et se prolonge longtemps encore après sa fin dans le silence laiteux.

Voyage de fée. Et danse sur l'écran de nuit la folle sarabande des choses perçues, vues, sues, ressenties, écoutées et entendues, qui demeurent là, formes pensées, présences vivantes, amicales ou maléfiques. L'invisible est peuplé, grouillant de forces cherchant peau pour prendre forme, appelantes d'un ardent désir de naître à l'apparence, d'émerger au coeur du monde visible,de s'alourdir du poids qui leur donnerait corps.

Les mots comme une peau. Contenant, sac, outre, besace où enfermer le génie pour devenir son maître. Heureux celui ou celle qui capture une part de cette force invisible et réussit à lui donner forme cohérente. Il a dompté le dragon, il a créé sa lampe d'Aladin. http://fr.wikipedia.org/wiki/Aladin...