J'ai écouté la voix du vent. Elle m'a parlé de rencontre. J'existe disait le vent parce que tu m'écoutes, que serais-je sans tes oreilles? M'entendrais-tu s'il n'y avait dressés pour ralentir ma course, pour m'intercepter, pour m'embrasser les majestueuses sentinelles vertes du jardin? les murs de ton abri, les maisons du village,les clochers des églises,les rêveurs, les râleurs, les mers et les rivières, les cailloux, les rochers,les montagnes ...Quelles que soient ma force et la vitesse à laquelle je me déplace si je passais sans que rien ne me rencontre je n'existerais pas...je ne serais rien. J'étais contente d'écouter le vent et de lui donner vie.

Ce n'est pas rien le vent. Un moment j'ai pensé que pour se déchaîner ainsi il avait furieusement besoin d'attention, ensuite je me suis dit qu'il pouvait tout aussi bien être amoureux passionné pour s'enrouler aussi follement dans les grands sapins verts, puis je me suis dit que c'était idiot de projeter ainsi ses pensées sur les choses et je me suis efforcée à rester neutre, vide, à ne pas penser, à écouter tout simplement, à être juste là, présente sans intention sans interprétation. Vivre, simplement vivre l'instant présent.

Il portait mille images, mille pensées, mille souvenirs,mille sensations, toute l'histoire du monde depuis que le monde est monde..Il n'en était pourtant pas alourdi, le moins du monde... Monsieur Le Vent je vous ai laissé partir comme vous avez voulu, sans vous charger d'intention, et vous vous en êtes allé, léger.